Cryptographie : Historique
IV) Chiffrements modernes
Vers 1960, l'arrivée de l'informatique a supplanté les machines de chiffrement électromécanique (type Enigma). La cadence a pu accélérer et le cryptage a pu être optimalisé. De nos jours, la cryptographie est devenue de plus en plus fréquente. Du domaine militaire aux communications par Internet, en passant par les transactions commerciales et bancaires, il est difficile d'y échapper.
A) DES, l'inviolable
Dans les années 60 donc, IBM avait lancé un programme de recherche sur le chiffrement informatique. En 1975, le résultat est proposé aux banques : il s'agit du DES (pour Data Encryption Standard). Mais l'arrivée d'un système de chiffrement chez les particuliers, même grandes banques, n'est pas vue d'un bon œil par le NSA (National Security Agency), le très important service de sécurité intérieure américain. Surtout lorsque ses spécialistes n'arrivent pas à le casser. Bilan : IBM doit se résoudre à ne vendre qu'une version "bâtarde" de son DES. Cependant, il a ensuite été mis à jour tous les cinq ans environ et n'est plus limité. Mais les ordinateurs modernes permettent de remettre en cause son inviolabilité. D'où la nécessité de le changer bientôt. De nombreux algorithmes sont ainsi en concurrences pour prendre la place du DES sous le nom de "AES" (pour Advanced Encryption Standard).
B) RSA, le révolutionnaire
Jusque là, tous les systèmes
proposés avaient leur talon d'Achille : ils avaient une clé. C'est bien joli de
coder ses messages, mais encore faut-il que le destinataire ait la clé. Cette clé
que l'on donne à un, puis deux correspondants, plus les secrétaires, sans compter
les Post-it collés sur le bureau et autres pense-bêtes. Bref, elle circule, et peut
être interceptée. De ce constat, deux chercheurs américains, Whitfield Diffie
et Martin Hellman proposent une autre approche : au lieu d'utiliser une clé connue de
l'expéditeur et du destinataire, il serait plus intéressant d'utiliser une
clé publique, disponible sur Internet par exemple, et une clé privée, connue
du seul destinataire, qui lui permet de déchiffrer ses messages. C'est le principe de la
boîte aux lettres : tout le monde peut y glisser quelque chose, mais seul celui qui
possède la clé peut récupérer le courrier.
C'est ainsi qu'en 1979 naît le RSA, au Weizmann
Institute en Israël. Du nom de ses inventeurs (Ronald Rivest, Adi Shamir et Leonard
Adleman), il permet de distribuer librement la clé publique, mais sans que personne ne
puisse décrypter les messages ainsi cryptés.
Le RSA a ensuite été popularisé par le PGP, un programme diffusé gratuitement sur le Web. Philip Zimmermann, un mathématicien américain féru d'informatique pense que le courrier électronique doit bénéficier d'un minimum de confidentialité, d'où la nécessité de le crypter. Il commence donc en 1984 un programme qui ne verra le jour qu'en 1991, le PGP. Il est alors accusé d'avoir frauduleusement exporté des Etats-Unis une technologie sensible. Depuis, ces ennuis juridiques sont finis et Philip Zimmermann a créé sa propre société, mettant à jour son PGP et le diffusant toujours plus sur Internet.
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