Cryptographie : Historique
III) XIX° et début du XX° siècle
A) XIX° siècle
C'est à cette époque que naît le code morse. Ce n'est pas véritablement un code secret mais son inventeur, Samuel Morse l'a créé de manière à pouvoir faire passer plus facilement les messages par le télégraphe. Aujourd'hui, il sert aussi bien avec des signaux sonores que des signaux lumineux. Ce système constitué de points et de traits est très connu et aujourd'hui très répandu.
Un code apparu dans la même période, en 1857, est le
"Javanais". C'est un code qui n'est plus secret de nos jours et qui est apparu plus en tant que
jeu qu'en tant que chiffrement. Il consiste à intercaler entre les syllabes des mots des
syllabes "av" ou "va". On peut alors regrouper les mots et les redécouper autrement.
Enfin, un autre code apparu à cette époque est le "Playfair Cipher", inventé par sir Charles WHEATSTONE. Celui-ci le présenta pour la première fois en 1854 lors d'un dîner donné par lord GRANVILLE. Cet algorithme est un algorithme de substitution par digrammes, c'est-à-dire par groupe de deux lettres. Les lettres 25 lettres de l'alphabet (I et J sont confondus) sont réparties dans un tableau de 5 x 5 cases. On regroupe alors les lettres du message par deux et on remplace chaque groupe par un autre lu dans le tableau. Cet algorithme, quoi qu'intéressant, serait considéré comme trivial de nos jours car il est possible de le casser extrêmement rapidement, surtout avec un ordinateur, grâce à des analyses statistiques.
B) La Première Guerre mondiale
Le premier conflit mondial a vu la naissance d'un nouveau type de cryptage : la grille tournante. Il s'agit d'une grille de 36, 64, 100 cases dans laquelle sont découpés des trous. Dans une grille, on doit avoir 1/4 des cases en trous. Ces trous doivent être pratiqués de telle manière que lorsque la grille fait un quart de tour, aucun trou ne se retrouve sur un emplacement déjà occupé par un trou une autre fois. Le nombre de cases de la grille doit être le même que celui des lettres du message (on peut si ce n'est pas le cas la compléter avec des lettres prises au hasard). On place alors la grille sur la feuille et on commence à écrire le message dans les trous. On fait alors tourner la grille d'un quart de tour et on écrit la suite du message dans les nouvelles cases vides. On continue de manière à faire faire un tour complet à la grille. Toutes les cases doivent alors comporter une lettre.

C) La Seconde Guerre mondiale
Dès la fin de la
Première Guerre mondiale, les Hollandais et les Suédois s'inspirent du cadran d'Alberti pour
fabriquer un nouveau type de machines à crypter. Pendant la seconde guerre mondiale, les
Allemands utilisèrent une de ces machines pour crypter leurs messages qui fit longtemps enrager
les Alliés : Enigma. Réputé inviolable, le secret de ses cryptogrammes céda pourtant devant les
mathématiciens anglais du service de décryptage, baptisé Ultra et mené par le logicien Alan
Turing, après de nombreux mois de recherche. Les théories de décryptage de Turing se révèleront
ensuite parmi les précurseurs de l'invention de l'informatique.
Enigma était constituée de
deux claviers : un pour le texte en clair, l'autre pour le texte codé. Pour crypter un message,
on tapait chaque lettre sur le premier clavier. Celui-ci était relié à des rotors (les roues à
chiffrer) et les faisait tourner lorsqu'on appuyait sur les touches. La lettre codée s'allumait
alors sur le deuxième clavier. Pour déchiffrer un message, il suffisait de faire le contraire :
en tapant les lettres du message codé sur le deuxième clavier, les lettres du message décodé
s'allumaient sur le premier clavier.
Le cryptage
d'Enigma repose sur plusieurs roues : sur chacune d'entre elles se trouve l'alphabet dans un ordre
différent. La clé était ici composé de trois lettres, qui donnaient les positions initiales des
rotors. Lorsque le premier caractère est tapé, la machine repère le caractère correspondant sur le
premier rotor grâce à des connections entre les rotors, fait de même pour le rotor suivant... Elle
affiche enfin le caractère correspondant sur le dernier rotor. Ce dernier tourne alors d'un cran. On
recommence ensuite pour la deuxième lettre et ainsi de suite jusqu'à ce que le rotor aie fait un tour
complet. Le second rotor avance alors d'un cran. Et on recommence... Pour chaque rotor, on multiplie
par 26 le nombre d'alphabets de substitution. Enigma avait jusqu'à quatres rotors, donc
264 alphabets de substitution.
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