Cryptographie : Algorithmes
Nous avons vu précédemment un peu de l'histoire des codes secrets. Nous allons maintenant voir sommairement le principe de fonctionnement de certains modes de chiffrement.
I) Code Jules César et grille de Vigénère
Dans ces systèmes de cryptage, les algorithmes sont très simples, comme nous l'avons donc vu. En posant C le texte codé, T le texte et K la clé, on obtient les relations suivantes :
A) Chiffre de Jules César
C = T + K [mod 26]
T = C - K [mod 26]
Dans le cas de Jules César, la clé était la constante 3. Aujourd'hui, on appelle chiffre de Jules César tout algorithme basé sur ce modèle, où la clé est une constante.
B) Grille de Vigénère
C = T+ K [mod 26]
T = C - K [mod 26]
Ici K est une lettre du mot-clé.
C) Playfair cipher
Cet algorithme est un algorithme de
cryptage substitution. La clé est un mot dont toutes les lettres sont différentes.
On écrit alors ce mot sur une ligne et le reste de l'alphabet en dessous.
On lit ensuite ceci par colonnes, puis on le place dans une une matrice carrée
d'ordre cinq. On chiffrera alors le texte par digrammes, c'est-à-dire par groupes de deux
lettres. Chaque couple de lettre donne les coordonnées d'un rectangle dans
la matrice. On remplace donc ce couple par les lettres formant les deux
autres sommets du rectangle. Si les deux lettres sont sur la même ligne,
on prend alors les deux lettres suivantes.
Prenons par exemple comme clé le mot SIGNATURE :
BCDFHKLMO
PQVWXYZ
| S | B | P | I,J | C |
| Q | G | D | V | N |
| F | W | A | H | X |
| T | K | Y | U | L |
| Z | R | M | E | O |
OK donne LR
JF donne HS
QP donne SD
YT donne UK
D) Autres algorithmes simples
Il existe aussi de nombreux algorithmes
simples, basés sur les substitutions et les transpositions.
Les substitutions consistent à
remplacer un caractère ou un bloc de caractères par un autre. Le point
faible de ces algorithmes est qu'une simple analyse statistique suffit
pour les casser, en voici l'illustration : choisissez un alphabet de
substitution, et cryptez un texte, c'est-à-dire, remplacez chaque lettre
de votre texte par une autre, mais une certaine lettre doit toujours être
codée de la même façon. Pour déchiffrer votre texte, il suffit de chercher
la lettre la plus fréquente. Il y a de fortes chances pour que ce soit le
e. Ensuite, continuez de même, par supposition, en reformant les mots qui
semblent apparaître, et déduisez-en les autres lettres. Petit à petit, vous
allez déchiffrer tout votre texte.
Les transpositions consistent à mélanger dans un ordre prédéfini, les
caractères du message. Un avantage est qu'une attaque statistique du
même genre que précédemment n'apportera rien : le e sera toujours la lettre la plus présente, etc, puisque les lettres sont les mêmes que dans le
message en clair, seul leur ordre a été modifié. Cependant, la puissance
des ordinateurs actuels permet de casser très facilement ce genre de
cryptage utilisé seul. Il est donc préférable d'utiliser communément
substitution et transposition.
Copyright © BLANC David - 2000